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Faire le focus

Est-ce que faire le focus signifie jouer les hypocrites?

Est-ce que faire le focus signifie jouer les hypocrites? Je ne crois pas, il s’agit même de l’inverse me semble t-il? Il s’agit de passer d’un point flou à un point net. Mais pour autant, que les choses soient claires, un point net n’enlève pas tous les doutes, toutes les zones troubles. « Faire le focus sur … » signifie mettre en avant un élément précis, même si cet élément se trouve à l’arrière plan. Mais dans ce cas les autres plans en seront affectés et subiront une dégradation optique. Enfin je crois car en vérité je ne suis pas un spécialiste de la photographie. La photographie tient une place primordiale dans mon travail mais n’en est pas le point central, le point net. Elle est le plus souvent un point de départ, un élément déclencheur. Le (dé)clic. 

Ce déclic reste pourtant obscur. Je sais que je dois déclencher, capter tel fragment de paysage et pas celui-ci, mais je n’en connais pas à cet instant la raison profonde. C’est l’instinct, l’affect qui parle, pour une prise de vue objective. Contradictoire? Je dirais plutôt, complémentaire! 

Mais peut-on toujours parler d’objectivité si l’image captée est en partie ou dans sa totalité floue? Volontairement ou involontairement. L’objectivité est un vaste sujet, mais il n’est pas celui du jour, restons focus. Même si ce que j’écris me semble un peu flou. Volontairement ou involontairement.

Récemment  une personne m’a demandé si j’étais plutôt de la famille Canon (je ne crois pas qu’elle parlait de mon physique) ou plutôt de la famille Nikon ? Je lui ai répondu que sur ce point là je me sentais orphelin car je suis plutôt de la famille des plasticiens. De ce fait, je traite la photographie comme un plasticien, non pas comme un photographe. L’image captée n’est pas une fin en soi, elle n’est pas destinée à être présentée en l’état. Elle sera archivée avant d’être manipulée dans différents logiciels de retouche photo. L’objectif étant que ces images deviennent un support visuel pour une prochaine peinture.

Je ne sais pas si ce que je raconte est très focus avec réalité alors si tu souhaites en juger par toi même … Clique sur ce lien.

https://samuelguillot.com/oeuvres/traveling

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L’espace d’un instant.

Comment mesure-t-on l’espace d’un instant? Faut-il multiplier sa longueur par sa largeur puis sa hauteur? Et est-ce que tous les instants ont la même longueur?

Comment mesure-t-on l’espace d’un instant? Faut-il multiplier sa longueur par sa largeur puis sa hauteur? Et est-ce que tous les instants ont la même longueur?

Il y a des équations quasi insolubles et c’est surement mieux ainsi. Maitriser le temps est un fantasme qui ronge l’être humain depuis la nuit des temps. Alors, faute de mieux, de ce sable qui lui glisse inexorablement entre les doigts il construit des châteaux, symbole de la réussite, de la mise à profit de ce temps donné. 

L’artiste lui construit son oeuvre. Elle est constituée de petits cailloux et qu’ils soient peints, sculptés ou photographiés, peu importe le médium, ils viennent fonctionner comme des balises sur son espace temps. Alors, l’espace d’un instant il se pense maitre du temps, mais cela ne dure pas. Il faut tout recommencer, car l’instant est passé et l’artiste repart questionner dans une nouvelle création tout ce qu’il croit connaitre, tout ce qu’il croit savoir. Car rien n’est figé, tout change. Comme nous l’explique Roland Barthes dans « chambre claire », il vit l’expérience d’être pris en photo comme une micro expérience de la mort, d’un temps qui s’arrête. La personne qu’il voit sur cette photo n’est déjà plus lui, mais l’image de lui à un instant donné, passé.

Comme il est impossible de calculer l’espace d’un instant, nous pouvons le décrit. Soit avec des mots ou soit avec des formes. Parfois avec les deux. Si quelqu’un décrit l’espace d’un instant avec des mots, l’autre s’en créera une image. Inversement, nous mettrons des mots sur une image.

Mais comment décrire l’espace d’un instant? Pour l’espace c’est assez simple. Il y a un cadre avec un haut, un bas, une droite et une gauche. A l’intérieur de ce cadre, il y a des plans qui se succèdent de façon très logique du premier au dernier. Il y a aussi un devant, un milieu et un derrière (dit arrière). Voilà pour la construction, mais nous ne voyons toujours rien, car rien ne vient arrêter notre regard. Alors nous devons poser des choses, les décrire. De la plus petite qui va se trouver sur l’arrière à la plus grosse qui est devant. C’est ce que nous appelons le regard objectif. Il se veut descriptif, dénué d’affecte.

Pour l’instant c’est un peu plus compliqué? Même si la description de l’espace peut donner certaines informations sur cet instant. Une information sur une époque grâce à la description d’une architecture, mais pour ça mieux vaut éviter la description des bâtiments patrimoniaux perdus dans le temps. Un mobilier pour un espace intérieur, mais là aussi la grande mode du vintage rend l’information un peu caduque. 

L’espace d’un instant ne se décrit peut-être pas plus qu’il ne se calcul? Tout simplement il se vit, se partage.

Si l’espace d’un instant tu souhaites entrer dans celui que je te partage alors ne calcule pas et clique sur le lien ci-dessous.

https://samuelguillot.com/oeuvres/chambre-noire-avec-vue

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Sans matière

Est-ce que sans matière veut dire sans consistance ? Si la matière de mes peintures, ma touche n’a pas d’épaisseur c’est quelle renvoie à l’impalpable au non concret à l’indicible. Si elle doit avoir une couleur, cette couleur serait par reflet grise. Elle renvoie à la légèreté même si…

Est-ce que sans matière veut dire sans consistance ? Si la matière de mes peintures, ma touche n’a pas d’épaisseur c’est quelle renvoie à l’impalpable au non concret à l’indicible. Si elle doit avoir une couleur, cette couleur serait par reflet grise. Elle renvoie à la légèreté même si mes pensées, elles, ne le sont pas toujours … Normal ! 

L’impalpable, c’est l’intouchable mais si on ne peut pas toucher la matière de mes tableaux du bout du doigt, tu le peux par le bout de ton esprit. C’est le but, si toutefois il y en a un … Concret, palpable. 

Sans matière apparente, il est pourtant tout à fait possible de donner du relief à une représentation. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais il n’est pas indispensable d’étaler, de superposer des couches de peinture pour simuler les reliefs d’un rocher, d’une montagne. Les ombres ça existe et c’est impalpable, sans relief une ombre, insaisissable, impossible à toucher du bout du doigt. Il ne s’agit pas uniquement d’étaler de la matière, il s’agit surtout de faire sens. Comment parler d’un souvenir, d’une sensation éprouvée, d’une émotion de meilleure manière que de façon impalpable ? Et puis la peinture ne se vend pas au poids à ce que je sache ? Les miennes se veulent légères … Comme une pensée … Même si elles ne le sont pas toujours. 

Si il y a matière à peindre sur le sujet je ne suis pas pour autant obligé d’en étaler des tartines de matière et il ne s’agit en aucun cas d’une histoire d’économie ! Certes la matière première d’un peintre n’est pas donnée mais je ne suis pas avare, surtout lorsqu’il s’agit de matière grise. 

La surface est sans relief, mais il y a du relief sous la surface, comme de l’autre côté du miroir, de la vitre ou de la surface de l’eau. C’est derrière cette surface lisse, plutôt froide et souvent transparente qu’il faut chercher. La consistance est la ! Plonger dans l’eau glacée, brisée la vitre comme on brise la glace ou faire le tour du miroir demande de l’énergie, parfois même du courage. C’est donné à tout le monde mais pourtant pas grand monde le fait ?! Une surface lisse ça fait peur, ça peut être dangereux, tu peux te casser la gueule, ça glisse comme sur une patinoire alors qu’avec les aspérités de la matière tu peux toujours avoir une prise à laquelle te raccrocher … C’est rassurant !

Alors mes peintures ne sont peut-être pas rassurantes, réconfortantes ? Elles ne sont pas des doudous, de grosse peluches ridicules … Enfin j’espère ! Elles sont écrans sur lesquels ma pensée est projetée et elles peuvent avoir cet effet miroir où tu peux te refléter. Et pas d’inquiétude à avoir, des aspérités, du relief tu en trouveras sans aucun doute. 

As-tu le courage de glisser sur la surface, de t’enfoncer sous le reflet pour découvrir les récifs de tes profondeurs ?

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