L'effacement dans la peinture — Faire apparaître en retirant

Peindre consiste souvent à ajouter.

Ajouter une couleur.

Ajouter une forme.

Ajouter de la matière.

Pourtant, certaines images se construisent aussi par retrait.

L'effacement fait partie intégrante de mon travail. Il ne correspond pas à une disparition pure et simple de l'image. Il agit plutôt comme une transformation du regard.

Retirer devient alors une manière de montrer.

Effacer n'est pas supprimer

Lorsqu'une zone est recouverte, voilée ou atténuée, elle ne disparaît pas totalement.

Elle reste présente.

Sous la surface.

Dans la mémoire du regard.

L'effacement crée une tension entre ce qui apparaît et ce qui résiste encore.

Cette relation entre visible et invisible prolonge la réflexion développée dans l'article « Le hors-champ — Peindre ce qui reste invisible ».

👉 https://samuelguillot.com/blog/le-hors-champ-peindre-ce-qui-reste-invisible

L'image continue d'exister même lorsqu'elle n'est plus entièrement accessible.

Le rôle du blanc

Dans certaines séries, le blanc participe directement à cet effacement.

Mais il ne s'agit pas d'une simple neutralisation de l'image.

Le blanc agit.

Il transforme.

Il modifie la perception de l'espace pictural.

Cette fonction particulière du blanc est développée dans « Le blanc dans la peinture — Entre effacement et révélation ».

👉 https://samuelguillot.com/blog/le-blanc-dans-la-peinture-entre-effacement-et-revelation

L'effacement n'est donc qu'une des nombreuses possibilités offertes par cette couleur.

Laisser une trace

Effacer ne signifie pas faire disparaître toute présence.

Au contraire.

Une image effacée conserve souvent une empreinte.

Une trace.

Un souvenir de ce qui était là auparavant.

Cette idée traverse particulièrement la série Trace.

👉 https://samuelguillot.com/oeuvres/trace

La peinture devient alors un espace où présence et absence coexistent.

Une image moins descriptive

Lorsque certaines informations visuelles disparaissent, le regard doit compléter ce qui manque.

Le spectateur devient plus actif.

Il ne reçoit plus une image entièrement construite.

Il participe à sa reconstruction.

Cette question rejoint celle développée dans « L'image fragmentée — Peindre ce qui échappe ».

👉 https://samuelguillot.com/blog/limage-fragmentee-peindre-ce-qui-echappe

L'effacement ouvre un espace d'interprétation.

La mémoire plutôt que la description

Une image parfaitement nette appartient souvent au présent.

Une image partiellement effacée évoque davantage le souvenir.

Elle ressemble au fonctionnement de la mémoire.

Certains détails demeurent précis.

D'autres deviennent flous.

D'autres encore disparaissent complètement.

Cette relation entre image et mémoire rejoint les réflexions développées dans « Photographie et peinture — Du réel capturé à l'image reconstruite ».

👉 https://samuelguillot.com/blog/photographie-et-peinture-du-reel-capture-a-limage-reconstruite

La peinture ne cherche plus à décrire fidèlement.

Elle cherche à faire émerger une expérience.

Une peinture de la retenue

L'effacement introduit une forme de retenue.

Tout n'est pas montré.

Tout n'est pas expliqué.

Une partie de l'image demeure ouverte.

Cette ouverture permet au regard de circuler librement.

Elle laisse au spectateur la possibilité de construire sa propre lecture.

La série Paysage voilé s'inscrit pleinement dans cette recherche.

👉 https://samuelguillot.com/oeuvres/paysage-voile

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Découvrir l'ensemble des séries :

👉 https://samuelguillot.com/oeuvres

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Le blanc dans la peinture — Entre effacement et révélation