Chants matinaux.

Une série de peintures comme un souffle avant le jour

Il existe un moment du matin où tout semble retenir sa voix.
Un seuil, une lumière fragile, encore hésitante, qui oscille entre ce qui s’efface et ce qui vient.
C’est dans cet intervalle que s’inscrit Chants matinaux.

Cette série est née d’un regard posé très tôt, là où les champs s’étendent encore dans le silence de la nuit.
Dans cet espace suspendu, le monde paraît plus simple, presque nu.
Les formes se détachent lentement, les couleurs s’inventent au fil de l’air, et chaque détail prend la douceur d’une évidence.
Un poteau, un fil, quelques oiseaux ; minimalisme du réel, musique de l’instant.

Les tableaux qui composent Chants matinaux ne cherchent pas la narration.
Ils ne racontent pas : ils respirent.
Comme si la lumière elle-même tenait le rôle principal, révélant ce que le jour, plus tard, effacera par excès de certitude.

Huile sur bois, formats carrés, proche de la mémoire Polaroïd mais l’essentiel n’est pas là.
L’essentiel se glisse dans l’entre-deux :
dans la vibration d’un oiseau immobile, dans la tension d’un fil qui traverse le paysage, dans la matière du ciel qui s’ouvre à peine.
Ce sont des instants minuscules, mais suffisamment vastes pour devenir un langage.

Chants matinaux pourrait se lire comme une partition.
Non pas une musique écrite, mais une musique devinée.
Une suite de notes posées dans le ciel, une ligne légère où les oiseaux deviennent les signes d’une mélodie invisible.
Une musique qui ne dit pas son nom.

Ce travail s’inscrit dans une recherche plus large : celle du passage.
Entre nuit et jour, entre visible et invisible, entre présence et effacement.
Chaque tableau tente d’approcher ce point où le réel se dérobe, où la perception cesse d’être une certitude pour devenir une sensation.

Regarder ces peintures, c’est accepter de ralentir.
C’est entrer dans un temps qui n’est plus celui du monde pressé, mais celui de l’aube intérieure.
Un temps qui s’étire, qui questionne, qui murmure.

Chants matinaux n’est pas une série sur le paysage.
C’est une série sur ce que le paysage laisse surgir en nous.
Sur cette première respiration du jour, celle qui parfois, suffit à tout réinventer.

Si toi aussi tu souhaites prendre ton temps et regarder :

https://samuelguillot.com/oeuvres

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Traveling — Peindre les paysages en mouvement.