Parasite : peinture contemporaine, perception et métaphysique du regard
Avec la série Parasite, Samuel Guillot poursuit sa recherche autour de la perception, de la lumière et des mécanismes du regard.
Ces peintures à l’huile interrogent ce moment fragile où la vision se trouble, où le visible cesse d’être une évidence pour devenir une expérience intérieure.
À travers des compositions florales lumineuses, un élément organique — insecte, escargot ou forme parasite — vient s’interposer entre le spectateur et l’image.
Accroché à la surface du tableau comme sur une vitre translucide, ce corps silencieux perturbe la lecture du paysage et transforme la manière de voir.
Selon le point de focus, l’arrière-plan devient flou ou, au contraire, le parasite se dissout dans la lumière.
La peinture reproduit alors le fonctionnement même de la perception humaine : voir une chose implique souvent d’en perdre une autre.
Une peinture sur les interstices du visible
La série Parasite s’inscrit dans une réflexion philosophique et presque métaphysique sur les seuils de la conscience.
Le parasite n’est pas ici une simple présence naturelle ou décorative : il devient une figure symbolique.
Il représente ce qui filtre le réel.
Ce qui vient altérer notre vision du monde.
Ce qui sépare autant qu’il relie.
Entre netteté et flou, entre surface et profondeur, ces œuvres explorent les zones intermédiaires de la perception — ces espaces où la réalité devient mouvante, fragile, incertaine.
Cette démarche rejoint certaines recherches déjà présentes dans la série Angry Bird, où une épaisse matière blanche venait “souiller” des compositions florales.
Dans Parasite, cette perturbation devient vivante, organique, presque méditative.
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Transparence, lumière et focus
Les œuvres de la série jouent sur des effets de transparence, de profondeur et de mise au point inspirés autant de la photographie que de la peinture contemporaine.
Le regard hésite constamment :
faut-il observer le parasite au premier plan ou traverser cette présence pour rejoindre le paysage floral de l’arrière-plan ?
Ce basculement crée une tension silencieuse dans l’image.
Le visible devient instable.
La lumière elle-même semble flotter entre apparition et disparition.
Comme dans la série Chambre noire avec vue, Samuel Guillot interroge ici la manière dont l’image transforme notre rapport au réel et à la mémoire.
→ Lire la démarche de la série Chambre noire avec vue
Une réflexion contemporaine sur le regard
À travers Parasite, la peinture devient un espace de contemplation et d’incertitude.
Chaque tableau agit comme une surface sensible où le spectateur projette sa propre manière de voir.
Le parasite devient alors une métaphore :
celle de nos pensées, de nos peurs, de nos souvenirs ou de nos obsessions silencieuses — tout ce qui vient modifier notre perception du monde sans que nous en ayons pleinement conscience.
Plus qu’une série florale ou naturaliste, Parasite est une exploration du regard lui-même.
Une tentative de rendre visible ce qui, d’ordinaire, demeure invisible : la fragilité de notre relation au réel.
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